Je ne sais pas si vous vous souvenez du premier compte que vous avez ouvert sur un réseau social ? Pour moi, c’était un compte Facebook. C’était il y a 20 ans, j’étais à peine majeur et j’avais l’impression de rejoindre un club un peu select (et oui à l’époque c’était ça). Puis il y a eu Twitter, Instagram… c’est devenu mon espace d’information, d’expression, de discussion et de mobilisation (pensée spéciale à #Metoo qui probablement n’aurait pas eu la même ampleur sans Twitter).
Pendant longtemps, j’ai choisi de ne pas voir que tout ce qui me simplifiait la vie (mon ordi portable, mon smartphone…), mes boucles d’échanges, mes mails… tout cela je ne le contrôlais pas vraiment.
Et puis il y a eu l’élection de Trump, la nomination d’Elon Musk, la soumission des rois de la Big Tech et là il a fallu ouvrir les yeux : les propos négationnistes de Grok, les femmes et les enfants qu’on demande à l’IA de déshabiller, la mise en vente des données issues des téléphones de 20% de la population Belge ou de 1 million de français, l’identification de la position du porte-avion Charles de Gaule grâce à l’application Strava ou de bases militaires grâce à Tinder, la multiplication des fakes news, la fin des mises à jour de sécurité gratuite pour Windows 10, la multiplication de datacenter financés par des fonds émiratis ou américains…
À l’heure de la montée en puissance des régimes autoritaires, de la montée de l’extrême droite, de l’accélération des conflits, de la remise en cause du droit international, la maîtrise des outils numériques est devenu un enjeu démocratique, économique et géopolitique. Il est temps de sortir du déni de réalité quant à nos dépendances numériques, d’y faire face et d’arrêter de subir.
À l’initiative du groupe Écologiste et Social, une commission d’enquête sur les dépendances et les vulnérabilités dans le secteur du numérique a été créée le 3 février 2026. J’en suis la rapporteure.
Cette commission d’enquête de 6 mois va évaluer nos vulnérabilités à l’échelle nationale et européenne, notamment des administrations publiques françaises et d’identifier les leviers pour réduire nos vulnérabilités. Dans le secteur du numérique, comme dans beaucoup d’autres il n’y a pas de fatalité mais des choix à faire : Qui choisir pour stocker nos données ? Quels outils pour contraindre les plateformes à la transparence sur les algorithmes ? Comment développer le libre et les communs numériques ? De quelles infrastructures avons-nous besoin ?
Je reviendrais avec vous sur les faits, les chiffres, les mots, les auditions à travers des notes vocales, des documents, des analyses, mais aussi des rencontres avec des expert·e·s engagées. Je documenterai une enquête vivante, transparente, constructive !
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